Échelle de dose

Une classification des doses pour les expositions aiguës

Lorsqu’il s’agit d’une exposition à des rayonnements, qu’entendons-nous par doses fortes ou faibles? Même parmi les experts, la question a suscité de nombreux débats. Pour certains, toute exposition est dangereuse: la plus petite dose est déjà trop forte. Pour d’autres, les effets de la radioactivité ne doivent pas être surestimés. Les niveaux d’exposition en Europe occidentale à la suite de l’accident de Tchernobyl ont tous été « faibles » en conséquence – mais ce n’est pas la perception du public.
Le comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des radiations atomiques (ou UNSCEAR) a établi une méthode de classification des niveaux d’exposition en fonction des seuils au-dessus desquels se produisent des effets déterministes, c’est-à-dire des effets ressentis par toutes les personnes exposées au-delà de ces seuils. La classification UNSCEAR ne s’applique qu’aux doses efficaces correspondant à des expositions globales aiguës, c’est-à-dire à une dose reçue par l’organisme entier au cours d’une irradiation courte et intense. Des effets déterministes peuvent également apparaître avec de courtes doses administrées à des parties spécifiques du corps: tels que les testicules (stérilité transitoire ou permanente), les ovaires (stérilité permanente), les yeux (cataracte) ou la peau (érythème, nécrose).

Classification des doses (expositions aiguës)
Cette classification des doses efficaces de l’UNSCEAR (Comité scientifique des Nations Unies pour les effets des rayonnements ionisants) fait référence aux doses dues à des expositions globales aiguës, c’est-à-dire aux doses reçues en une seule rafale par tout le corps pendant une courte période de temps. Les effets qui en résultent sont dits déterministes (apparition de signes ou symptômes biologiques à court terme post-irradiation) par opposition aux effets stochastiques tels que l’apparition avec une faible probabilité d’éventuels cancers ou de mutations héréditaires plusieurs années après.
OMIRIS

Il faut faire la distinction entre les expositions intenses de courte durée et les expositions chroniques et à long terme telles que par exemple l’exposition à la radioactivité naturelle. Ce sont les effets déterministes causés par les premiers types qui doivent être considérés en priorité, car des expositions sévères à des niveaux élevés de rayonnement peuvent mettre la vie en danger. C’est pourquoi la classification de l’UNSCEAR traite principalement de ce type d’exposition.
Les doses efficaces inférieures à 200 millisieverts (mSv) sont considérées comme faibles ou faibles, et en dessous de 20 mSv, elles sont dites très faibles ou très faibles. Les radiations absorbées dans un contexte médical (hors radiothérapie) ainsi que celles survenant dans des sources naturelles entrent dans cette catégorie. Les doses dans cette gamme sont caractérisées par l’absence d’effets déterministes, c’est-à-dire de signes biologiques à court terme ou de symptômes post-irradiation.
De tels effets déterministes apparaissent pour des doses efficaces aiguës classées comme moyennes, fortes et très fortes par l’UNSCEAR. L’absorption d’une dose comprise entre 0,5 et 2 sieverts (Sv) entraînera une réaction légère impliquant des nausées, une asthénie et des vomissements entre 3 et 6 heures après l’exposition. Quelque part entre 4 et 4,5 Sv se trouve le niveau dit DL50, qui est le point auquel l’exposition sera fatale dans 50% des cas. Les patients dont le corps entier a été exposé à des doses de cette ampleur présenteront un Syndrome de rayonnement aigu (SRA), une affection dont la gravité dépendra de la dose absorbée, du temps d’exposition, du type de rayonnement impliqué et de la distribution du rayonnement dans le corps. L’ARS se caractérise par des symptômes hématologiques (lésions de la moelle osseuse), digestifs (lésions du tractus gastro-intestinal) et neurologiques du système nerveux central.

Exemples de fortes doses
Le sievert, en tant qu’unité de dose, semble représenter une forte exposition comme le montre cet échantillon d’expositions considérées comme élevées. La dose la plus élevée représentée ici – 20 Sv – est celle subie par l’un des deux travailleurs de Tokaimura qui est décédé après avoir reçu 4 fois la dose létale. Les survivants d’Hiroshima ont été exposés à des doses variables, allant de quelques millisieverts (mSv) à 500 mSv. En moyenne, les liquidateurs de Tchernobyl ont reçu environ 100 mSv. Plus exposé, le groupe de pompiers a reçu 250 mSv en moyenne, dont 163 dépassant une dose de 1 Sv.
IN2P3

Il faut distinguer les effets déterministes des effets stochastiques (ou probabilistes) à long terme, caractérisés par un risque accru de cancer et de mutations génétiques. Ces effets stochastiques sont présents dans la région à faible dose ainsi que dans la région à forte dose, et l’hypothèse a été faite que toutes les expositions (quelle que soit la taille de la dose) comportent un risque d’effets stochastiques. La probabilité qu’un cancer soit déclenché est d’environ 5% par sievert. Ces probabilités deviennent négligeables à des doses d’une fraction de sievert.
La réglementation française impose une limite supérieure de 1 mSv à l’exposition du grand public, à l’exclusion de toutes les sources naturelles et médicales de rayonnement. Cette valeur correspond à une dose plus que très faible dans l’échelle de dose des effets déterministes.
Par comparaison, la classification UNSEAR d’une dose de 1 Sv (1000 mSv) comme « de force moyenne » peut surprendre. Cependant, si cette valeur correspond à une dose élevée par rapport à la limite fixée pour minimiser le risque d’effets stochastiques (cancers, mutations) dans la population, elle apparaît en réalité moyenne dans le domaine des irradiations aiguës avec leurs symptômes déterministes,
Accès à la page en français.
SUIVANT: Unité MilliSievert

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *